Dimitris, le maker créatif
Bonjour, mon nom est Dimitris je suis grec et vis à Molivos. C’est un joli petit village situé au nord de l’île de Lesvos. C’est pourquoi je l’ai choisi plutôt qu’Athènes ! Molivos est un lieu où cohabitent deux catégories de personnes ; les locaux et les nombreux étrangers. Chacun a des aptitudes et savoir-faire complémentaires, et chacun ressent le besoin de créer et vivre de nouvelles expériences. Il y a cependant peu de connexion entre les deux groupes. Nous avons décidé de créer un lieu commun où toutes ces personnes puissent se rencontrer, prendre un café, communiquer ses idées, et chercher des façons d’interagir et de mener des projets ensemble : Pantotechnion était né.
Je préfère faire des objets utiles, sinon ils ne relèveraient que de l’Art. A Pantotechnion, nous recyclons et surcyclons les objets. Nous récupérons les matériaux qui ont été jetés et en faisons des objets utiles, généralement différents de leur usage originel.
Ce qui est nécessaire c’est un espace pour que les gens puissent communiquer et exprimer leurs idées, quelque soit leur origine et couleur de peau. Du fait de tabous inhérents à notre société, les locaux et réfugiés ont été séparés – mais chacun d’entre nous est un être humain ! Les réfugiés ont
des talents à partager, et qui peuvent être utiles à la communauté locale
Un environnement ouvert, où les idées peuvent être partagées a le potentiel pour combler ce fossé et générer quelque chose d’utile et créatif.
Imaginez que vous ayez l’idée d’un projet qui nécessite des compétences en soudage dont vous ne disposez pas. Ici vous pouvez juste demander :
« Quelqu’un sait-il comment souder ? » on vous répondrait-alors « Oh oui cette personne, je pense qu’il sait. » Vous contactez cette personne, vous vous connectez avec elle, et il en ressortira sûrement quelque-chose ! Je pense que c’est une des définitions de la créativité. Il ne s’agit pas seulement de fabriquer, mais de faire que les choses arrivent !
Une chose que les deux communautés ont en commun est ce que l’on appelle les « low-tech ».
Dans les camps, les low-tech sont un vrai besoin car l’accès à la technologie est limité. Cependant, beaucoup peut-être fait avec juste une paire de mains et quelques matériaux. Par exemple, Low-Tech for Refuges a proposé le prototype d’un réfrigérateur qui puisse être construit et utilisé par les réfugiés aussi bien au printemps qu’en été. Ce prototype pourrait aussi répondre aux attentes des locaux qui ont besoin de conserver leur nourriture, notamment lorsqu’ils emmènent leurs troupeaux dans la montagne. Peut-être une telle méthode existe-t-elle déjà mais de nouvelles solutions pourraient être apporter en explorant et apprenant ensemble.
Raconté par Rémi Leroy & Sabina Assan
Edité par Beth Rielly & Marjolaine Bert
Dessin par Remi Lerov