Portraits de Low-tech for Refugees : la voix de la communauté “Mehdi”

Mehdi, le farceur du Makerspace

Salam, mon nom est Mehdi. Je viens d’Afghanistan mais j’ai vécu en Iran plusieurs années où la vie n’était pas facile. Depuis l’âge de 8 ans j’ai travaillé en tant que charpentier ce qui ma confronté à beaucoup d’expériences. Être réfugié en Iran est difficile, par exemple certaines personnes nous employaient illégalement ce qui signifie que nous pouvions être exploités très facilement. Nous devions travailler de façon éreintante en étant très peu payé. Je suis également père, et je ne dois donc pas seulement penser à moi-même mais aussi à ma famille. J’ai deux enfants de 1 an et 7 ans avec ma femme. Une des raisons pour lesquelles j’ai dû partir et faire tout ce difficile chemin est pour eux et leurs futurs.

Maintenant je suis à Lesbos dans le camp de Moria. Je ne vous dirai pas que c’est un mauvais endroit ; c’est un refuge et c’est mieux que rien. Si je compare ici avec l’Iran je peux vous dire que je ressens beaucoup plus d’appartenance et de liberté à Lesbos. Ici, je ne me sens pas comme un étranger. Quelques jours après mon arrivée, j’ai trouvé le Low- tech MakerSpace. Comme vous le savez j’ai beaucoup d’expérience en tant que charpentier, ce qui m’a motivé à y travailler. 

Je peux vous dire que dans cet espace, nous fabriquons des choses utiles à partir d’objets qui ne sont plus utilisés. Je fais principalement tout ce qui est possible avec le bois, cependant j’ai aussi appris de nouvelles compétences. Nous avons récemment réalisé des powerbanks à partir d’anciennes batteries d’ordinateur portable. Maintenant j’enseigne aux locaux et réfugiés comment ils peuvent les réaliser eux-mêmes. Au Makerspace nous sommes comme des frères et soeurs. Il y a toujours de bonnes idées et j’aimerai également que nous ayons des ateliers uniquement pour les femmes et les enfants. Je passe vraiment du bon temps ici et apprécie ce que j’y fais. 

Pour quiconque souhaitant allier plaisir et travail, je recommande les low-tech. Ce n’est pas seulement une bonne façon de passer ton temps mais cela te pousse à être plus créatif. Il est facile de fabriquer quelque chose quand tu as des outils spécialisés et des matériaux. Mais lorsque ceux-ci sont limités, comme c’est le cas pour les low-tech, ton esprit doit plus travailler, c’est un défi et cela nous rend plus créatif. Une petite chose peut devenir fantastique si nous y concentrons nos esprits et nos efforts. 

Raconté par Mustafa Mohammadi
Edité par Sabina Assan & Marjolaine Bert
Dessin par Mark Adams