Portraits de Low-tech for Refugees : la voix de la communauté « Mohammadreza »

Mohammadreza, talentueux, déterminé & souriant

Salut, je m’appelle Mohammadreza. J’ai grandi en Iran et j’y ai vécu pendant 17 ans, mais à l’origine je viens d’Afghanistan. Je suis marié et j’ai une fille, elle a 2 ans. Nous sommes à Lesbos depuis 9 mois maintenant, et vivons dans un camp non-officiel appelé « jungle ». Nous vivons dans une tente de fortune aussi loin des services de base qu’il est possible de l’être. En Iran la situation est difficile pour les réfugiés. Après avoir terminé l’école j’ai travaillé comme soudeur, en changeant toujours de lieu alors que le gouvernement cherchait continuellement une excuse pour nous faire du mal de n’importe quelle manière. La première année de notre mariage, ma femme et moi nous sommes dirigés vers la Turquie, mais nous furent alors déportés vers l’Afghanistan. Je n’y avais été que deux fois pour ma carte d’identité. Cela nous a alors pris 4 mois pour traverser le Pakistan et l’Iran sans jamais nous arrêter jusqu’à ce que nous atteignons la Turquie. Là-bas j’ai travaillé un an afin d’économiser assez d’argent pour prendre un bateau jusqu’à Lesbos. Nous avons fait sept tentatives pour rejoindre l’île car nous étions toujours repoussés par la police.

J’ai découvert le Low-tech Makerspace suite à un projet de création d’une aire de jeux en matériaux de récupération ainsi que de fabrication de poêles chauffants pour ceux vivant comme nous dans des tentes. Cela fait 4 mois que je travaille au Makerspace, je m’y rends tous les jours. Je suis du genre de personne qui aime travailler à l’extérieur, en Iran j’avais l’habitude de travailler de 8h du matin jusqu’à minuit, je passais rarement du temps chez moi. Au Makerspace il y l’opportunité pour que chacun puisse se connaître. Les gens ramènent parfois leurs objets pour les réparer, ce qui à des bénéfices des deux côtés. Leurs objets sont réparés et ils apprennent à pouvoir le refaire par eux-mêmes, et pour nous il y a toujours beaucoup de choses sur lesquelles travailler. Nous avons également des ateliers sur des techniques spécifiques ou certaines low-tech. Pour les quelques mois où j’ai été ici, c’est vraiment bien. Nous sommes une équipe travaillant ensemble avec différentes compétences. J’ai aidé à développer un « rocket stove » plus efficace qui permet d’utiliser moins de bois et d’éviter de cuisiner dans la fumée.

J’espère que le Low-tech Makerspace puisse grandir et se développer pour atteindre et impliquer de plus en plus de gens. Mon rêve ? Parvenir à un lieu où je puisse avoir une vie normale au côté de ma famille, devenir un homme de valeur, continuer d’apprendre grandir, et transmettre mon savoir aux autres.

Raconté par Mustafa Mohammadi
Edité par Sabina Assan & Marjolaine Bert
Dessin par Rémi Leroy